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Discours 1er mai 2020

​Cher(e)s Ami(e)s, Chers Ca​marades, 

Il y aura un avant. Il y aura un après.

Ce 1er mai n’est pas un 1er mai comme un autre. En effet, malgré la distanciation physique,  cela empêche nullement la grande proximité du cœur de gauche.

Mes premières pensées, en ce jour de commémoration du monde du travail vont  aux nombreuses victimes du coronavirus ainsi qu’à leurs familles, que ce soit en Belgique ou par le monde. 
A celles et ceux qui ont vécu dans leurs chaires la  douleur de la perte d’un être cher et la rupture de nos rites funéraires d’adieu et le traumatisme que y est lié,  nous leur adressons nos marques d’empathie les plus chaleureuses et de soutien solidaire en ces jours sombres. 
Je dédie aussi ce 1er mai aux travailleuses et travailleurs dit invisibles. Ce personnel soignant (infirmières, aide soignantes, médecins, pharmaciens, aide familiales, garde malades, transporteurs, service repas,…) ces professions de la vie de tous les jours (éboueurs, caissières, commerces alimentaires et autres, …) qui ont fait preuve d’un courage et d’un dévouement exceptionnels. Elles et ils disent que c’est  leur métier.  

Il s’agit aujourd’hui et demain de les reconnaître pour ce qu’elles et ils sont c’est-à-dire des professions à haute valeur sociale ajoutée, indispensables dans une société humaine et qui doivent être valorisées comme telles.

Je souhaite mettre aussi en lumière tous ces bénévoles qui se sont mobilisés pour la fabrication de masques et de matériel de protection portant haut et fort la solidarité humaine.
Enfin, Solidaris apporte tout son appui au mouvement des sans papier, aux collectifs citoyens, aux travailleurs des centres d’accueil et bien sûr aux  migrants en transit. Ils ont aussi été mobilisés et il nous faut mettre en place la régularisation des sans papier, et l’amélioration des conditions d’accueil notamment. 
Eux aussi ont droit à la sécurité et à une intégration dans notre société. 

Le 1er mai est une fête au cours de laquelle nous nous retrouvons pour partager et porter haut les valeurs fondamentales de notre démocratie : la justice, l’émancipation et la solidarité.
 
Ces dernières années, parce que notre histoire plonge ses racines dans des combats dont nous savons qu’ils sont toujours à mener, nous avons lutté avec d’autant plus d’ardeur que nous sentions combien nos valeurs étaient menacées par le modèle néo-libéral engagé dans sa course folle. Et il nous a mené à cette crise. Inattendue, dans son ampleur et inédite dans sa gravité.

Aujourd'hui, alors que rien n'est réglé encore, il est en tout cas évident que l’ampleur du choc économique et social, mais aussi politique, moral et bien sûr sanitaire doit nous mener vers une période toute autre. La crise n’est pas une parenthèse que l’on ferme bien vite pour passer à la même chose. Il y aura un jour d’après qui ne ressemblera pas au jour d’avant.
En effet, la crise sanitaire que nous connaissons prouve, de façon brutale et douloureuse, que nous devons moralement rompre avec ce monde qui, asséchant la planète, affaiblissant les services publics et renforçant les inégalités sociales, a aussi fragilisé notre système de santé.
En faisant du budget de la Sécurité sociale une simple variable d’ajustement budgétaire, les gouvernements de droite ont oublié d’entendre les patients, d’écouter les soignants.

Rappelons-le avec force :
La sécurité sociale est un investissement incomparable pour la vie en société. C’est ça l’extraordinaire avantage de l’Etat Social , nous  y contribuons et nous en bénéficions au moment où nous en avons besoin.
Car si l’urgence absolue, ici et maintenant, est de sauver des vies et de préserver la santé de la population, cette crise doit nous faire prendre définitivement conscience que renouer avec l’ancien monde est illusoire. Le système est à bout de souffle, avec comme horizon le court terme et comme seul indicateur l’économie.

Camarades,
Ce qui a fait la force de notre pays, c’est la solidité de notre pacte social qui promettait de ne laisser personne au bord de la route, un pacte qui faisait à chacun la promesse que « demain sera meilleur ». Les forces néolibérales ont trahi cette promesse. 
Nous devons nous battre ensemble pour faire émerger un Etat social, écologique et démocratique qui protège les plus faibles et rompe avec le capitalisme aveugle. C’est la seule réponse adéquate à la faillite d’un système et à l’espérance d’une vie digne pour toutes et tous.

Camarades,
Nous ne voulons pas d’un retour à la normalité car cette normalité faite d’inégalités violentes, de concurrence exacerbée, de marchandisation de la vie ou de résignation à la catastrophe écologique est aussi la source du drame que nous vivons.
- Parce que le libéralisme a montré ses failles et l’économie mondialisée ses limites ;
- Parce qu'à l'inverse les valeurs de solidarité sont redevenues d'une incontestable actualité et ont retrouvé leur chaleureuse vitalité ;
- Parce que les citoyens en tirent déjà une conclusion simple et évidente : demain doit être l'occasion d'un nouveau modèle de société répondant à des exigences renouvelées de solidarité et de responsabilité face aux défis sanitaires et sociaux, mais aussi climatiques et économiques, qui s’annoncent ; 
- Parce qu'il s'agira en effet, outre le coronavirus qu'il faudra continuer à soigner, de prendre en charge tous les traitements reportés ;
- Parce que demain, il s'agira de s’occuper vigoureusement d’une sécurité sociale ébranlée ;
- Parce que nous avons d’autres ambitions collectives que celles de punir les pauvres et d’enrichir les nantis et que nous voulons des conditions de travail et des salaires qui permettent une vie nettement meilleure. 
- Parce qu’il est grand temps que la répartition des richesses soit équitable, que la fiscalité soit plus juste, que l’Etat soit doté des moyens nécessaires. 
- Parce qu’il s’agira de créer, aujourd’hui, les conditions crédibles et nécessaires à la construction de ce nouveau modèle ;
- Parce que demain s’écrit aujourd’hui. 
Mettons en commun nos forces et volontés pour redessiner ensemble les contours d’une société plus juste, plus solidaire, plus responsable et plus durable.

Camarades,
Ce qui fait notre force, c’est notre volonté inébranlable de changer la société pour la faire progresser. Plus que jamais, le moment est venu de nous rassembler, nous le peuple de gauche qui nourrissons les mêmes valeurs et les mêmes ambitions.
C’est le temps de l’unité et de la force de conviction 
autour de 3 axes :
- La radicalité et une nouvelle conflictualité positive qui fera naître une nouvelle conscience de classes. Le temps des compromis mous et fades est révolu. 
- La reconquête idéologique. Le moment est venu de fixer des lignes rouges, claires, transparentes, infranchissables.
- La convergence des luttes sociale, écologique, antiraciste, des luttes pour l’égalité femmes/hommes. Un mouvement social puissant qui re-politisera la société. 
Nous y parviendrons si nous sommes capables de mener un combat collectif, et je nous y exhorte, Camarades, car seul le combat collectif nous permettra d’engranger la victoire. Soyons offensifs et ambitieux. 
Pour que l’avenir ne soit pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire, nous tiendrons cette promesse qui doit être au cœur de toute démocratie, celle qui nous fait dire à nos enfants : « Ta vie sera meilleure que la mienne »

Camarades, 

Ce à quoi je vous appelle tient en 3 mots profondément de gauche : 
Solidarité    Prospérité     Fraternité !

Alors, Camarades, toutes et tous au combat.

Beau 1er mai !
Salut et Fraternité.​

Jean-Pascal LABILLE
​Secrétaire Général de l'UNMS