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Orthodontie : Quand le coût fait grincer des dents

En Wallonie, près d’un enfant sur trois âgés entre 10 et 15 ans débute un traitement orthodontique mais un grand nombre d’entre eux (1 sur 5) ne démarre pas réellement le traitement. 
La cause principale ? Un long trajet de soins doublé du coût élevé que représente un traitement orthodontique, surtout lorsque le patient n’a pas souscrit une assurance dentaire facultative. 
 

En Wallonie, 28% des enfants âgés entre 10 et 15 ans ont initié un traitement en orthodontie (en 2015, 2016 et 2017). Mais parmi eux, près d’un enfant sur cinq n’a pas réellement démarré le traitement, c’est-à-dire que le traitement ne s’est pas poursuivi et n’a pas donné lieu à la pose d’un appareil. Ce constat est d’autant plus vrai parmi les enfants issus des ménages à bas revenus : ils sont proportionnellement moins nombreux à initier et démarrer un traitement orthodontique. 
En effet, les traitements en orthodontie constituent un long trajet de soins qui peut durer plusieurs années de la phase initiale, à l’appareillage et au suivi, voire à la contention. Un enfant a ainsi une quinzaine de contacts avec l’orthodontiste pour son traitement. Celui-ci implique par conséquent un certain budget : il coûte 1.756 € en moyenne mais peut être deux fois plus cher pour certains patients.

L’assurance obligatoire intervient pour rembourser une partie de ce coût et la plupart des mutualités prévoient également des remboursements complémentaires à ceux de l’assurance obligatoire, vu les coûts importants supportés par les patients. Solidaris prévoit ainsi un remboursement supplémentaire de 350 € pour l’appareillage ainsi que le remboursement des tickets modérateurs dans le cadre de son assurance complémentaire. En outre, Solidaris propose une assurance facultative pour les soins dentaires « Optio Dentis », ce qui permet de réduire encore les frais restant à charge des patients avec une intervention de 375 € pour l’appareillage. 

Nos chiffres montrent que les patients prennent en charge la moitié du coût du traitement en orthodontie, à moins qu’ils n’aient souscrit une assurance dentaire facultative. Les patients déboursent ainsi en moyenne 775 € sur une facture totale de 1.713 € (soit 45%) pour le traitement en orthodontie lorsqu’ils n’ont pas d’assurance dentaire contre 632 € sur une facture de 1.899 € (soit 33%) le cas échéant. A noter que ces montants sont à minima car nous ne disposons pas de l’ensemble des suppléments d’honoraires qui peuvent être facturés aux patients (seuls les suppléments concernant l’appareillage sont intégrés). A cet égard, la majorité des orthodontistes (94,3%) sont non conventionnés et peuvent donc facturer de tels suppléments aux patients.
Nos chiffres révèlent aussi de grands écarts de coûts d’un traitement à l’autre. Ces écarts s’expliquent notamment par le coût de l’appareil qui est l’élément le plus lourd sur la facture des patients. L’appareil coûte ainsi 1.228 € en moyenne mais dépasse les 2.000 € dans 5% des cas. En outre, le coût de l’appareil est systématiquement plus élevé pour les enfants qui sont couverts par une assurance dentaire facultative et devraient dès lors donner lieu à un meilleur remboursement par l’assurance maladie obligatoire.

« Si certains traitements sont de l’ordre de l’esthétique, d’autres répondent à un besoin médical (par exemple dans le cas de malocclusion modérée ou sévère) et doivent dès lors donner lieu à un meilleur remboursement par l’assurance maladie obligatoire » relève Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris. 
Au vu de ces résultats, Solidaris recommande un meilleur remboursement dans le cas des traitements orthodontiques pour raison médicale et un encadrement du coût de l’appareillage. 
La Mutualité plaide également pour un devis obligatoire et standardisé à remettre au patient afin qu’il puisse en anticiper le coût.
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