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Des conditions de vie de plus en plus précaires pour les « jeunes retraités »

Quatre ans après avoir interrogé les « jeunes pensionnés » (personnes en pension ou pré-pension depuis 5 ans maximum) sur leurs conditions de vie, Solidaris est reparti à leur rencontre. 
En partenariat avec les journaux du groupe SudPresse, la Mutuelle s’est donc replongée dans la vie de ces néo-pensionnés Bruxellois et Wallons. Des évolutions marquantes et un constat principal, leurs conditions de vie semblent se détériorer.

1. Parmi les Belges qui ont pris leur retraite de façon anticipée, 5 sur 10 l’ont fait pour réduire le stress de leur vie professionnelle. Ce chiffre est en forte hausse par rapport à 2015.

2. Autre raison de départs anticipés ; les problèmes de santé. Ces motifs sont aussi largement en augmentation, quel que soit le profil des personnes interrogées (34,9%, soit 11 pts de plus qu’en 2015), quel que soit le profil des personnes interrogées. A noter, que prolonger sans cesse l’âge de la retraite n’est certainement pas sans conséquence sur la santé.

3. Les « jeunes retraités » se sentent d’ailleurs en moins bonne santé physique qu’il y a 4 ans. Ils sont 32,4% à estimer n’être « pas tout à fait », voire « pas du tout en bonne santé », soit un bon de 12 points par rapport à 2015.

4. Alors qu’on prolonge toujours plus l’âge de départ à la retraite, les entreprises ne semblent pas toujours faire d’efforts pour les plus de 50 ans. En 2019, seulement 12,6% des Belges francophones estimaient que leur entreprise mettait en place ce qu’il fallait pour que les 50 ans et plus y soient à l’aise – résultat stable par rapport à 2015.

5. Les entreprises sont encore moins nombreuses à accompagner le changement vers la retraite. Pour 62% des répondants, leur dernier employeur ne les a pas suffisamment informés et accompagnés pour ce changement de vie. Ils étaient 56% à le penser en 2015.

6. Autre crainte, plutôt stable dans le temps, mais qui concerne une majorité de citoyens, la crainte de devenir, plus tard, une charge pour leurs proches – crainte partagée par 57,4% des répondants (54,3% en 2015). Cette crainte semble plus forte chez les personnes les plus aisées.

7. Progression intéressante, ils sont de plus en plus nombreux à penser qu’ils auraient dû partir plus tôt. Ils étaient 7,9% en 2015 et 15,6% aujourd’hui. Cette augmentation est surtout vraie chez les moins diplômés. On note que les plus diplômés sont toujours bien plus nombreux à se dire qu’ils auraient dû partir plus tard.

8. Il y a plus d’un quart des Belges francophones, tant en 2015 qu’en 2019, qui estiment qu’ils auraient dû partir plus tard à la retraite. Pour les plus précaires d’entre eux, la raison est tout simplement financière. La pension aggrave leur précarité économique.

9. De plus en plus de Belges francophones se sentent démunis et inutiles une fois à la retraite. Ces deux sentiments sont en forte progression en seulement 4 ans !

10. Bref, même si seulement quatre ans se sont écoulés entre ces deux enquêtes, les « jeunes retraités » de 2019 vont vraiment moins bien que ceux de 2015. Ils sont plus nombreux à se sentir démunis lors de leur changement de situation et plus nombreux à regretter leurs collègues, au point que certains se sentent inutiles à la société.

Dans ce contexte Solidaris plaide, en concertation avec l’association Espace Seniors, pour :

1. Une lutte contre les inégalités sociales à tout âge, pour améliorer les conditions de vie des pensionné.e.s notamment. Solidaris plaide en particulier pour une amélioration globale des conditions de travail, mais aussi pour une éducation de qualité, l'accès aux soins de santé et l'accès à un travail.

2. Il n'en demeure pas moins qu'il est nécessaire d'adapter les conditions de travail des seniors : aménagement du temps de travail, formation à tout âge, reconnaissance de l'expérience acquise, possibilité de réduire le temps de travail.

3. Enfin, concernant le logement, il faut proposer des alternatives à la maison de repos, ainsi qu'au domicile. La multiplicité de logements alternatifs qui fleurit actuellement doit être encouragée et accompagnée afin de permettre aux seniors de vieillir dans un "chez eux" dans lequel ils se sentent bien et en leur offrant la garantie de ne pas être une "charge" pour leurs proches.

Ces deux études ont interrogé respectivement 638 (en 2015) et 496 (en 2019) personnes Belges francophones de 18 ans et plus, représentatives de la population vivant en Wallonie et à Bruxelles. Une enquête réalisée par internet.

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