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Pro Santé

Les dégâts d’une mauvaise hygiène dentaire sur la santé

 

​Une mauvaise hygiène dentaire peut avoir pour conséquence d’autres soucis de santé.

La mutualité Solidaris plaide pour un meilleur remboursement des soins bucco-dentaires et une amélioration des campagnes d’information autour des trajets de soins bucco-dentaires (TSB). 

 
 
En 2019, en Belgique, parmi la population qui a eu besoin d’un soin ou d’une consultation dentaires au cours de l’année, 30% ont dû y renoncer pour des raisons financières. Un renoncement en constante augmentation depuis 2016 (avec 22,3%). La mutualité Solidaris relève aussi qu’en Belgique, 50% du coût des soins dentaires sont supportés par les patients soit directement, soit via une assurance privée. C’est principalement pour cette raison qu’un Belge sur deux ne consulte pas régulièrement.

La journée mondiale des soins bucco-dentaires, c’était le 20 mars, c’est l’occasion de rappeler cette importance, indéniablement liée à la santé générale de chacun. Une mauvaise hygiène dentaire peut avoir pour conséquence d’autres soucis de santé (diabète, maladies cardiovasculaires ou respiratoires,…).

«Solidaris plaide pour un meilleur remboursement des soins bucco-dentaires via l’assurance obligatoire et donc d’une sécurité sociale forte. Ceci doit s’accompagner d’une nette amélioration des campagnes d’information autour des trajets de soins bucco-dentaires (TSB). Des campagnes d’information plus performante et non-culpabilisante», explique Bruno Deblander, porte-parole de la mutualité.

  • Économies en soins de santé

Face à ces constats et pour tenter de faire baisser les coûts pour les patients, le Trajet des soins buccaux a été instauré il y a 4 ans. Pour rappel, le mécanisme de trajet de soins bucco-dentaires prévoit que chaque Belge âgé de 18 ans et plus n’ayant pas eu de contact avec un dentiste l’année précédente voit ses tickets modérateurs (c’est-à-dire la part du tarif INAMI restant à sa charge) augmenter. L’objectif étant d’inciter la population à recourir plus régulièrement aux soins dentaires dans un cadre préventif et donc permettre à l’État de faire des économies en soins de santé.

  • Clivage social

En décembre 2018, Solidaris avait étudié l’impact de la responsabilisation financière du patient en matière de prévention en évaluant le mécanisme de «trajet de soins buccaux». L’étude avait démontré que le TSB et les campagnes d’informations qui l’ont accompagnée ont eu un impact limité sur le taux de recours aux soins dentaires, en particulier pour les populations socio-économiquement défavorisées qui sont justement celles qui «sous-consomment» ces soins.

Pour Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, «le principe de responsabilisation financière du patient à la base du mécanisme du trajet de soins buccaux rend les soins dentaires plus chers pour les personnes déjà affaiblies sur le plan socio-économique et risque de creuser davantage le clivage social observé dans ce domaine de la santé».

Solidaris appelle donc à mettre fin au mécanisme de pénalisation financière du patient prévu par le TSB. La mutualité demande également de développer des campagnes de sensibilisation adaptées afin de toucher les populations qui ne recourent pas aux soins dentaires, en particulier les publics précarisés.

«Nous demandons de lever tout obstacle financier à l’accès aux soins de base. Et cela doit se faire via le remboursement intégral des consultations des soins dentaires de base pour les patients ayant ouvert un DMG auprès de leur médecin généraliste. Ce serait utile aussi de développer les maisons médicales avec extension du modèle des maisons médicales au forfait aux prestations de base des dentistes et de renforcer la publicité sur le statut des dentistes conventionnés pour permettre aux patients de s’orienter aisément vers les dentistes qui appliquent les honoraires fixés dans la nomenclature. Enfin, pourquoi ne pas imposer un devis obligatoire pour les traitements dentaires au-delà d’un certain niveau de prix (afin que le patient soit informé préalablement des coûts à sa charge)», conclut Jean-Pascal Labille, argumentant que cela peut aussi passer par la reconnaissance de la fonction d’hygiéniste dentaire dont les tâches seraient notamment d’informer et d’accompagner les patients pour encourager les comportements dentaires préventifs.


Pour une bonne hygiène dentaire: voici quelques conseils

Idéalement, nous devrions nous brosser les dents après chaque repas. Dans la pratique, il est difficile de le faire. Boire un verre d’eau après le repas, croquer une pomme, passer un fil dentaire ou encore mâcher un chewing-gum (sans sucre!) permettra de faire patienter les dents quelques heures mais attention, ils ne remplaceront en aucun cas un véritable brossage.

Le matin, le brossage des dents se fera après le petit-déjeuner. Le soir, ce sera avant le coucher. Un bon brossage dure deux à trois minutes et il est important de brosser chaque face de chaque dent, y compris celles du fond. La brosse à dents, elle, doit être remplacée tous les trimestres: à chaque saison sa brosse à dents. Elle doit également être adaptée à l’âge.

L’eau, votre meilleure alliée

Vous pouvez également utiliser du fil dentaire car le meilleur brossage qui soit ne permettra pas d’atteindre la plaque dentaire dissimulée entre les dents et sous les gencives. Le fil dentaire bien utilisé complétera le brossage en permettant d’atteindre les endroits inaccessibles à la brosse à dents.

Enfin, sachez que l’eau est l’alliée de vos dents. Prendre l’habitude de boire un verre d’eau après le repas, après avoir bu une boisson sucrée (soft drink, jus de fruits, café ou thé sucré) ou après avoir mangé une sucrerie empêchera le sucre de se mêler à la plaque dentaire et freinera les attaques acides.

 

Laurence BRIQUET - SudPresse - 21/03/2020.