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Antibiotiques plus chers : pas d’effet sur la consommation mais bien sur le porte-monnaie des patients

La décision du Gouvernement de diminuer le remboursement des antibiotiques par l’assurance maladie et, par conséquent, de les rendre plus chers pour le patient n'a eu aucun effet sur la consommation d'antibiotiques, ce qui était pourtant l'objectif annoncé.

Les économies réalisées par l'assurance maladie ont donc été faites sur le dos du patient : sa facture pour les antibiotiques a augmenté en moyenne de plus de 85% entre 2016 et 2017. Cette hausse touche particulièrement les patients les plus vulnérables : leur facture annuelle a plus que doublé pour atteindre près de 50 euros en 2017 contre un peu plus de 20 euros en 2016.

 

La Belgique reste l'un des leaders dans la consommation d’antibiotiques, après la Pologne, la Roumanie, la France, l'Espagne et Chypre. Une consommation élevée d'antibiotiques est problématique dans la mesure où elle augmente le risque que de plus en plus de types de bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques ; ce qui constitue un problème majeur en termes de santé publique. La Belgique s'est donc engagée à réduire l'utilisation des antibiotiques pour que ces médicaments continuent à nous protéger efficacement dans le futur.

Solidaris a analysé l’évolution de la consommation d’antibiotiques de 2009 à 2017 afin d’évaluer dans quelle mesure les politiques menées ont permis d’atteindre ou de se rapprocher de ces objectifs.

La prescription d’antibiotiques diminue mais beaucoup trop lentement

D’une manière générale les chiffres attestent d’une diminution de la prescription d’antibiotiques sur la période étudiée, en particulier chez les médecins généralistes. Mais elle diminue beaucoup trop lentement. Ainsi, en 2017, 4 affiliés Solidaris sur 10 se sont encore vus prescrire des antibiotiques. Cela représente une baisse de 4% par rapport à 2009 et de 0,7% par rapport à 2016.

L’augmentation du prix des antibiotiques a davantage impacté les patients plus vulnérables

Nos données montrent que la consommation d'antibiotiques augmente avec l'âge et que les patients bénéficiant de l’intervention majorée en raison de leur situation socio-économique précaire (statut BIM) se voient prescrire davantage d’antibiotiques. Ces patients ont été davantage impactés par l’augmentation du coût des antibiotiques décidée par la Ministre des Affaires sociales Maggie De Block. Ainsi, depuis le 1er mai 2017, le patient paie de sa poche 50% des frais pour ses antibiotiques quel que soit son statut, contre 25% pour les bénéficiaires ordinaires et 15% pour les patients BIM auparavant.

Nos chiffres montrent que cette mesure n’a pas réduit la consommation – alors que c’était l’objectif annoncé dans l’intérêt de la santé publique – et que l’augmentation des coûts a dès lors été intégralement supportée par le patient. La facture a augmenté en moyenne de 85% et même de 130% pour les consommateurs réguliers d’antibiotiques (soit pour les 5% des membres ayant la plus forte consommation d'antibiotiques et qui représentent à eux seuls près d'un quart de la consommation totale d’antibiotiques). Ces patients, parmi lesquels on retrouve également proportionnellement plus de BIM en raison de leur moins bon état de santé général, paient désormais près de 50 euros par an pour leurs antibiotiques contre environ 20 euros en 2016.

« Nos chiffres montrent clairement qu’augmenter le coût des antibiotiques pour le patient ne permet pas d’en réduire la consommation et se répercute dès lors intégralement sur sa facture » relève Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris. 

La Mutualité appelle à supprimer cette pénalisation financière des patients et à renforcer en priorité les mesures de sensibilisation de la population et de soutien des prescripteurs. Des mesures contraignantes responsabilisant les plus gros prescripteurs doivent donc s’envisager dans un second temps, lorsque les mesures de sensibilisation n’ont pas fonctionné.

Enfin, en ce début de saison grippale, Solidaris invite également ses membres à se faire vacciner préventivement contre la grippe et le pneumocoque. En effet, se faire vacciner peut réduire sensiblement la consommation d'antibiotiques pour les groupes de population à risque (personnes âgées, personnel hospitalier, etc.).