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Grande Enquête Solidaris/Multipharma: Vous, vos médicaments et votre pharmacien

​Ce n’est pas une nouveauté, les Belges consomment trop de médicaments[1] – tant en prescrits qu’en vente libre. Cela a des impacts en termes de santé publique et de coûts pour le patient et la collectivité. Solidaris et Multipharma se sont penchés sur ces problématiques et vous dévoilent les résultats de leur grande enquête : Vous, vos médicaments et votre pharmacien.


Au cours de l’été 2018, par internet et par téléphone, plus de 2000 belges francophones coopérateurs de Multipharma de 18 ans et plus ainsi qu’une centaine de médecins ont été interrogés sur différents aspects de leur rapport aux médicaments.  

Une série de questions sur les connaissances concernant les médicaments en vente libre et sur la manière d’y recourir confirme une tendance à trop mais également à mal utiliser ce type de médicaments.

L’état de santé, l’âge, le statut économique, la structure familiale… bref les conditions de vie des Belges exercent une influence importanteContrairement à ce qui est couramment avancé, et bien que l’automédication ne soit pas nécessairement négative, l’étude confirme que ce ne sont pas les catégories les plus favorisées qui recourent le plus aux médicaments en vente libre mais bien les plus défavorisées (2x plus parmi ceux qui déclarent des difficultés financières fréquentes – 38 % contre 17 %). Le report de soins (consultation du médecin généraliste) et la nécessité de « tenir le coup » notamment pour ne pas être en arrêt de travail sont probablement des explications à ce phénomène.

Par ailleurs, sur base de situations et de symptômes précis, l’enquête montre que les connaissances qu’ont les répondants des médicaments souffrent de nombreuses lacunes mettant potentiellement leur santé en danger, ces connaissances étant par ailleurs largement marquées du sceau des inégalités sociales. Autre enseignement de l’enquête : même quand une connaissance est acquise, elle n’est souvent pas suffisamment intégrée dans les pratiques de consommation.

Mais alors, la perception du médicament serait-elle également en cause ? L’enquête montre que les citoyens ont une vision plutôt nuancée du médicament, qui n’est pas vu comme la pilule miracle mais plutôt comme un remède avec une efficacité reconnue. A noter quand même que 1 personne sur 2 pense qu’il s’agit d’un produit chimique à éviter.

Une grande confiance à l'égard du pharmacien

Le Belge francophone a par ailleurs une grande confiance à l’égard du pharmacien et des médecins pour lui donner des informations fiables sur les médicaments. Notons aussi que les répondants sont 34 % à éprouver des difficultés pour trouver une information fiable et accessible et qu’ils sont très critiques à l’égard de la publicité et des firmes pharmaceutiques.

Les médecins généralistes sont nombreux à penser que les patients n’en savent pas assez sur les différents types de médicaments en vente libre et qu’ils ont tendance à sous-estimer leurs connaissances à ce sujet.

Le dernier volet de l’enquête abordait la question des rôles du pharmacien, d’une part, ceux qu’il exerce déjà effectivement selon les patients, d’autre part, ceux qu’il devrait ou pourrait exercer à l’avenir selon les patients mais également selon les médecins généralistes. Les réponses tant du grand public que des médecins attestent que les rôles du pharmacien seront appelés à évoluer, notamment vers davantage de conseils aux patients.                            

Suite à ces constats, Solidaris et Multipharma estiment que toutes les forces disponibles sont nécessaires et doivent s’unir pour transmettre aux patients les connaissances nécessaires et suffisantes pour un recours optimal aux médicaments.

Les médecins généralistes, prescripteurs et conseillers de proximité des patients dont ils connaissent l’état de santé physique et mentale mais également les conditions de vie, ont un rôle important à jouer pour un recours raisonné aux médicaments.

Les pharmaciens, dispensateurs mais également conseillers de proximité auxquels les patients sont fidèles, ont la possibilité de disposer d’une vision globale des médications des patients et de toutes les données pour leur prodiguer les meilleurs conseils de bon usage.

Solidaris, comme toute mutualité en Belgique, a dans ses missions légales l’obligation d’informer et de conseiller la population et  d’accompagner ses affiliés en matière de santé. Le bon usage des médicaments constitue une de ses priorités.

Si les médicaments sont mal connus et mal utilisés par une partie non négligeable de la population et s’il y a certainement une marge de progression possible du côté de l’information et de la sensibilisation des publics, il faut en parallèle agir au niveau sociétal en remettant le recours au médicament à sa juste place et en faisant barrage à la marchandisation de plus en plus importante dont il est l’objet.