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Le bien-être des Belges en recul constant depuis 4 ans !

Pour la quatrième année consécutive, Solidaris a pris le pouls de la société belge francophone et française (en collaboration avec la mutualité française de l’éducation nationale MGEN) afin de mesurer de manière globale l’état de bien-être et de confiance de la population. Ce type de mesure n’existait pas dans le paysage des statistiques avant la création, par Solidaris, de cette étude. Comment les Belges francophones se sentent-ils aujourd’hui ? Quel est leur état d’esprit ? Comment sont leurs conditions de vie ? Quel est leur rapport à la société ? À la citoyenneté ? Quel est leur état de santé physique et psychique ? Comment perçoivent-ils l’avenir ?

 
 

Ce sont plus de 1.000 personnes formant un échantillon représentatif de la population belge francophone, qui ont participé à cette enquête, via téléphone ou par Internet au cours du mois de septembre 2018. Ils ont répondu à un questionnaire de près de 200 items  sur leurs perceptions, leur vision, leurs espoirs, leurs craintes, … en respectant volontairement la part de subjectivité et d’interprétation propre à chacun. Car considérer l’individu en fonction de ce qu’il pense et pas seulement de ce qu’il déclare faire, constitue la meilleure façon de mener une enquête compréhensive.

  • ​Premier enseignement : l’indice global de bien-être est en recul constant sur quatre ans. Certes, l’indice global de bien-être 2018/2019 reste relativement stable sur un an en Belgique (de 54,5 pts à 54,2 pts), mais sur les quatre années la baisse est continue, soit une diminution de – 2,3 pts (de 56,5 pts à 54,2 pts).

Pour Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris une telle baisse est très lourde d’enseignements. « Elle traduit ce constat effrayant et largement partagé par la population, nous vivons dans une société qui va moins bien qu’hier. Rien n’est plus dangereux pour une société que le sentiment que demain sera pire qu’aujourd’hui, ce sentiment, c’est la porte ouverte aux replis sur soi, à la peur de l’autre, aux extrémismes. Il est urgent d’inventer une nouvelle forme de mode de vie qui fera à nouveau que demain sera mieux qu’aujourd’hui. »

  • Deuxième enseignement : l’indice « conditions objectives de vie » des Belges est en forte chute sur 4 ans, passant de 57,6 pts en 2015 à 53,6 pts en 2018 (-4pts). On constate également une baisse significative de -1,8 pts entre 2017 et 2018.

Dans cet indice, on interroge les citoyens sur des thématiques de leur quotidien. Et cela s’aggrave :

- De plus en plus de temps perdu dans les embouteillages (46,5% à +6pts en 4 ans)

Pas/peu d’activités sportives pour raisons financières (43% à +7pts en 4 ans)

- Le sentiment de ne pas manger équilibré (30% à +10pts en 4 ans)

​- Des insomnies fréquentes pour 41% (à +11 pts en 4 ans)

  • ​Troisième enseignement et une très bonne nouvelle. Les Belges tiennent le coup grâce à leur sphère de proximité. L’indice « qualité du relationnel » est le seul qui progresse sur 4 ans (avec 64,9 pts, soit +2,3 pts). Et c’est aussi l’indice le plus haut (64,9 pts) toutes dimensions confondues. Les gens se rapprochent et se mettent en capacité de « faire ensemble »,  qu’il s’agisse des marches pour le climat ou du mouvement des gilets jaunes, cela confirme ce que nous déclarions dès 2013 : « Les individus vont entrer dans des mouvements sociaux de grande envergure pour soutenir des combats, pour des causes communes, … et ils le feront en dehors des structures classiques »
  • Quatrième enseignement : ce baromètre met à nouveau en lumière des inégalités bien présentes et qui s’aggravent dramatiquement.

- Plus des deux tiers des Belges jugent les inégalités comme insupportables.

- L’indice bien-être pour les hommes en 2018 est de 57,2 alors que pour les femmes en 2018, ce même indice est de 51,4 pts soit près de 6 points d’écart.

- C’était respectivement 58,2 et 54,9 en 2015. La baisse a donc bien plus touché les femmes que les hommes.  

L’indice bien-être des actifs est de 56,5 en 2018 (vs 56,9 en 2015). A l’opposé, les inactifs sont à 51,8 (vs 56,5 en 2015). Ils sont donc les seuls à être concernés par une baisse de leur bien-être.


Pour Solidaris, les inégalités sont une profonde atteinte au bien-être des gens. Pour ceux qui les vivent mais aussi pour ceux qui les craignent. Symptomatiques d’une société qui va mal, les écarts entre les hommes et les femmes semblent toujours plus grands d’année en année.

Concernant la comparaison du bien-être des Belges et des Français, le premier baromètre commun en 2016 mettait en avant de nombreuses similitudes entre la France et la Belgique. Puis, l’élection présidentielle a rebattu les cartes et depuis, les résultats français sont globalement plus hauts sur (presque) tous les points (même si des tendances lourdes restent communes). Encore un an après (et ce, avant le début des gilets jaunes), nos deux pays font face à une tendance négative (amorcée depuis 3 ans en Belgique). Les bonnes intentions d’Emmanuel Macron n’auront pas tenu et le gouvernement Michel n’a pas mis le bien-être des citoyens au cœur de ses préoccupations. Chaque pays a son propre contexte mais une typologie basée sur les résultats de notre grande enquête permet de regrouper les citoyens Français et Belges en 4 classes, dans leur rapport au système actuel : des « perdus », qui pèsent pas moins de 41% dans les deux pays, des « indifférents » (20%), des « espérants » (27%) et des « ultra-optimistes » (12%). Tous les détails de ces catégories se retrouvent dans notre enquête.

Vous trouverez les résultats complets ainsi que toutes nosrecommandations de l’enquête réalisée par l’Institut Solidaris en cliquant ici.​