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​Crise sanitaire du Covid-19 : comment réinventer demain ?

Un sondage partant du vécu des citoyens pour lancer des pistes



Les Femmes Prévoyantes Socialistes ont questionné les citoyens sur la manière dont ils ont vécu la crise. Objectif ? Identifier les revendications majeures qui devront guider le monde post-Covid. 

En tant que mouvement d’éducation permanente féministe, progressiste, de gauche, et acteur de la société civile belge, les Femmes Prévoyantes Socialistes estiment qu’il est primordial de traiter et d’analyser les enjeux sous-jacents à la crise actuelle et globale que connaît notre société. « L’apparition du Covid-19 a en effet chamboulé nos modes de vie et révélé des failles de grande ampleur dans de nombreux domaines tels que la santé, le social, l’environnement ou encore l’économie. Ce contexte est, dès lors, l’occasion de questionner en profondeur notre modèle de société ultralibéral et de se positionner pour l’avenir, en identifiant les revendications majeures qui devront guider le monde « post-Covid »», expliquent Éléonore Stultjens et Florence Vierendeel, chargées d’études aux Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS).

« Dans une démarche d’éducation permanente, nous avons récolté et visibilisé les paroles et ressentis de nos publics. Nous avons souhaité mettre en avant les convergences de discours afin d’interpeller le monde politique et exiger la mise en place de mesures basées sur les besoins et les souhaits des citoyens pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Dans ce cadre, nous avons réalisé un sondage qui a donné lieu à la rédaction d’une étude, intitulée «La crise sanitaire du Covid-19: partir du vécu des citoyens pour réinventer le monde de demain »», ajoutent-elles.

  • Multiples difficultés

L’analyse des témoignages récoltés auprès de 253 citoyens a permis d’identifier les multiples difficultés qu’ils ont rencontrées durant le confinement et après, notamment lors des mesures restrictives imposées par la crise sanitaire ainsi que leurs aspirations pour le monde de demain.

Dans le sondage, 28,5% des répondants (soit 72 personnes sur 253) estiment avoir rencontré des difficultés sur le plan de l’emploi et 19,4% sur le plan financier en raison de la crise sanitaire du Covid-19. Tout le monde n’a pas été confiné à la même enseigne: grande maison avec jardin ou studio de 30 m², télétravail ou obligation de travailler à l’extérieur, enfants à garder ou pas, matériel informatique à disposition ou non…

Par ailleurs, des divergences existent entre les femmes et les hommes, puisque l’enquête de l’INED (France) révèle qu’ « un quart des femmes ont télétravaillé dans une pièce dédiée où elles pouvaient s’isoler, contre 41% des hommes. Pour résumer pour les personnes concernées par le télétravail, en cette période de (dé)confinement, les lignes entre la vie professionnelle et la vie privée ont été effacées, la charge mentale, des femmes notamment, s’est accrue, l’hyper-connectivité devenue la norme, les relations entre collègues (hiérarchiques ou non) ont été plus fragiles et l’incertitude quant à l’avenir, grandissante ».

  • Renforcement du secteur de la santé

« De manière globale, les témoignages des citoyens convergent vers une volonté de changements, notamment politiques, où leur voix serait davantage entendue et considérée et réclament une approche plus participative, transparente et efficace. Ils insistent sur la nécessité de construire un monde plus humain, ce qui implique de subordonner les impératifs financiers aux impératifs sociaux et écologiques via toute une série de mesures: amorcer une décroissance, lutter contre la précarité, les discriminations, la fraude fiscale… Beaucoup plaident pour un renforcement de la Sécurité sociale et, plus particulièrement, du secteur de la santé. Pour finir, plus de 65% des répondants estiment que les mesures prises dans le cadre du déconfinement n’ont pas pris en compte les besoins de l’ensemble de la population. Les résultats du sondage appellent donc à la mise en place de politiques réellement inclusives, notamment par rapport aux publics vulnérables », ajoutent les chargées d’études.

Suite à la publication de cette étude, une campagne visuelle sur leurs réseaux sociaux a été menée. Elle illustre les témoignages et les chiffres les plus éloquents. L’étude a également débouché sur une série de revendications économiques, politiques et socio-environnementales.

  • Parmi les revendications : la lutte contre la précarité

Le sondage et les données récoltées ainsi que leur analyse ont permis de distinguer trois types d’enjeux: les enjeux sociaux et environnementaux, les enjeux économiques et les enjeux politiques. Ceux-ci ont abouti à l’identification de revendications plus spécifiques. Les revendications socio-environnementales, d’abord. Tout d’abord, les citoyens souhaitent que l’État social soit renforcé, en garantissant aux individus les conditions nécessaires (santé, logement, travail) pour vivre dignement et en sécurité. Ensuite, les Femmes Prévoyantes Socialistes plaident, par ailleurs, pour mettre tous les moyens financiers à disposition pour opérationnaliser une lutte efficace contre la précarité en Belgique (en passant, notamment, par une revalorisation des allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté). Tendre vers des alternatives d’organisation de la société à travers la réduction collective du temps de travail, sortir les politiques sociales de la logique de responsabilité individuelle et de stigmatisation des bénéficiaires ou encore renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes sont aussi revendiqués par les FPS.

  • Report de soins

Sur le plan socio-économique, les FPS appellent à refuser fermement les politiques d’austérité qui pèsent injustement sur les publics fragilisés, à refinancer la Sécurité sociale et les services publics à la hauteur des besoins de l’ensemble de la population, à sortir les soins de santé, et plus largement les services publics d’intérêt général, de la logique marchande et du secteur privé pour les instaurer en tant que biens communs ou encore à faciliter l’accès aux soins de santé, en ce compris psychologiques, afin de lutter contre la problématique du report de soins.

Enfin, sur le plan politique, le mouvement d’éducation permanente souhaiterait offrir une place de poids à la société civile dans les réflexions sur les mesures politiques à adopter pour le monde « post-Covid » et associer davantage les citoyens au processus de décisions politiques.


Laurence BRIQUET​ - SudPresse - 05/09/2020