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Une accessibilité aux soins de plus en plus difficile

Comme chaque année, Solidaris a publié son baromètre hospitalier. La mutualité y analyse le coût d’un séjour à l’hôpital pour ses affiliés avec un focus sur le coût du matériel et son impact sur la facture du patient. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la facture n’a jamais été aussi élevée, en particulier pour les séjours en chambre individuelle qui peuvent être jusqu’à 7 fois plus chers qu’en chambre commune.


Chaque année, Solidaris analyse les évolutions du secteur hospitalier en examinant de près le coût d’un séjour à l’hôpital pour ses affiliés. Le baromètre « coûts hospitaliers 2017 » s’appuie sur les données de facturation électronique des hôpitaux généraux et universitaires des affiliés de Solidaris ayant séjourné à l’hôpital en 2017, soit 529.345  admissions classiques.

Premier constat, le coût du matériel représente un poste de dépense important dans la facture du patient. « Pour un patient faisant le choix de séjourner en chambre commune ou à deux lits, le coût du matériel est le deuxième poste de dépense (22% de la facture) après les tickets modérateurs liés aux frais de séjour (31%) », explique Françoise De Wolf, conseillère « institutions de soins » à la Direction Etudes de l’Union Nationale des Mutualités Socialistes.

Deux tiers de la facture

Ce baromètre fait le focus sur le coût du matériel dans le cas du placement d’une prothèse du genou. Pourquoi ? Parce que si de nombreux séjours hospitaliers ne nécessitent pas l’utilisation de matériel facturable, certaines interventions nécessitant du matériel tel qu’une prothèse ou un implant font l’objet d’une facturation qui sera partiellement (ou totalement dans certains cas) à la charge du patient. Ce coût lié au matériel varie d’une intervention à l’autre.

Dans le cas du placement d’une prothèse de genou, le coût du matériel explique deux-tiers de la facture en chambre commune et à deux lits : sur les 827€ payés en moyenne par le patient, 556€ sont uniquement liés au matériel. Notons que le coût du matériel ne varie pas selon le statut social du patient, de sorte que ce type de coût est proportionnellement plus lourd à supporter pour les BIM que pour les autres ayants droits. De même, la catégorie de chambre n’influence pas le coût du matériel.

On observe, en revanche, des écarts importants entre hôpitaux au niveau du coût du matériel facturé au patient, allant en moyenne de 386€ dans l’hôpital le moins cher à 726€ dans l’hôpital le plus cher. Autrement dit, le matériel peut coûter jusqu’à deux fois plus cher selon l’hôpital. Les différences entre hôpitaux impactent la facture patient mais aussi les dépenses de l’assurance maladie. Le montant pris en charge par l’assurance maladie va ainsi de 2.352€ en moyenne dans l’hôpital le moins cher à 3.288€ dans le plus cher, soit une différence de près de 1.000€.

Le choix du matériel

On peut donc s’interroger sur ce qui explique de telles différences entre hôpitaux. L’analyse de Solidaris met en évidence que ni le nombre de pièces utilisées pour l’intervention, ni l’âge du patient ne permettent d’expliquer ces écarts de coût entre les hôpitaux. Une hypothèse est que le choix du type de matériel pourrait expliquer ces écarts : les fournisseurs ont effectivement mis sur le marché belge une gamme de matériel à des prix variés. Le choix du chirurgien qui effectue l’intervention pourrait donc s’avérer déterminant sur la facture puisque c’est lui qui détermine le matériel utilisé pour l’intervention. Une analyse plus approfondie serait nécessaire pour confirmer cette hypothèse.

Autre élément, en-dehors du matériel, le choix de la catégorie de chambre reste un élément déterminant de la facture patient. En 2017, un patient paie en moyenne près de 500€ pour son séjour à l’hôpital. Mais ce montant varie sensiblement en fonction du type de chambre choisi : la facture se monte à 1.796€ si le patient opte pour une chambre individuelle; c’est 7 fois plus cher qu’en chambre commune et à deux lits (248€). La facture du patient séjournant en chambre commune et à deux lits (248€) est, elle, restée relativement stable par rapport à 2016.

Une facture qui augmente

Par contre, si la facture en chambre commune et à deux lits est restée relativement stable, la facture en chambre particulière a augmenté de 3,2% entre 2016 et 2017; ce qui s’explique par la croissance des suppléments d’honoraires et des suppléments de chambre. Notons que les séjours en chambre particulière concernent 16% des séjours des affiliés à Solidaris Mutualités, soit 1 cas sur 6. Cette proportion étant restée stable au cours des 10  dernières années.

Le baromètre met également en évidence une croissance plus rapide des suppléments d’honoraires que celle des honoraires INAMI. Les montants facturés aux patients ont donc fortement augmenté en raison d’une croissance du pourcentage moyen de suppléments d’honoraires par rapport au tarif INAMI. Ce pourcentage a grimpé de 121% en 2007 à 150% en 2017 pour les affiliés de Solidaris.

Pour Solidaris, il faut instaurer un devis préalable mentionnant le montant des suppléments d’honoraires que les médecins s’engagent à ne pas dépasser. Il est aussi plus qu’urgent de prendre en considération les suppléments d’honoraires dans la réforme du financement hospitalier pour aboutir à terme à leur suppression. 

Laurence Briquet - SudPresse - 29/12/2018 

S’informer pour éviter les mauvaises surprises

Afin d’éviter les mauvaises surprises au niveau de la facture hospitalière et pour alléger sa facture, le patient a évidemment tout intérêt à s’informer au préalable des tarifs pour les suppléments de chambre et les suppléments d’honoraires pratiqués par l’hôpital où il compte se faire soigner.

« Il est préférable également de choisir une admission en chambre commune ou double car aucun supplément d’honoraire ni supplément de chambre ne pourra être facturé alors que ceux-ci peuvent se révéler extrêmement élevés dans une chambre individuelle », ajoute Françoise De Wolf.

Il est aussi souhaitable de demander au médecin des informations sur les frais supplémentaires (suppléments d’honoraires, matériel, ...) liés à l’intervention. Dans la mesure du possible, comparez aussi les coûts pratiqués par différents hôpitaux. Pour ce faire, le patient peut consulter le module que Solidaris met à disposition sur son site internet. Ce module, facile d’accès, permet de comparer la facture payée en moyenne par le patient en fonction de l’hôpital pour 16 des interventions les plus fréquentes dont l’hernie inguinale, l’appendicectomie, l’ablation de la vésicule biliaire, le curetage, la césarienne ou encore la chirurgie de la cataracte, la prothèse de genou, circoncision et la libération du canal carpien.

Ce module est disponible sur le site de Solidaris.