Pro Santé

EDITO : Redonner du sens (05/02/2015)

​Comment les jeunes adultes âgés de 18 à 30 perçoivent-ils la société ? Telle est l’une des questions à laquelle notre dernier Thermomètre tente de répondre. Un constat s'impose : plus de la moitié des 18-30 ans ne désirent pas vivre ensemble. 

La peur et la méfiance naturelles qu’alimente le climat sécuritaire actuel risquent de contribuer à renforcer cette émulation du « moi, avant tous les autres » et, partant l’opposition à l’autre.
Un tel état des lieux, s’il interpelle, doit aussi et surtout justifier une action collective notamment en encourageant les initiatives positives. Car, de l’espoir, il y en a : plus de 1 jeune adulte sur 10 croient en l’avenir et sont acteurs de leurs vies.  

Redonner ensemble des repères de qualité à cette génération qui se dit déboussolée passe aussi par la valorisation de notre système de soins de santé. Loin d’être un acquis inébranlable, la protection sociale belge est un socle qui doit le rester pour tout un chacun. 

Il nous faut réapprendre à vivre ensemble. Cela peut sembler être un vœu pieux certes. Mais les événements terribles survenus à Paris en janvier dernier ont permis de réunir des personnes issues de tous les milieux. En réponse à la barbarie, nous avons préféré le rassemblement au repli. La manifestation de ce fameux dimanche et l’indignation généralisée qu’elle a mis en lumière permettent de nourrir l’espoir qu’un autre modèle est possible. Et qu’il ne tient qu’à nous de le bâtir.

Aller au contact de l’Autre, passer le cap des préjugés en dépit de ce que nous donne à croire l’actualité, réapprendre à se soucier de ce qui va au-delà de son pré carré, c’est d’abord par notre attitude, notre conscience d’être citoyen du monde que cela passe.

Il s’agit de ne pas laisser le monde n’être qu’un marché, de résister à la dévoration de toutes les sphères de la société par le rapport marchand.

Il suffit de considérer les défis auxquels la Mutualité est confrontée pour en prendre conscience. Cette entité qui est l’un des fondements de la Solidarité est l’objet de coups de boutoir de toutes parts. Nous sommes quotidiennement confrontés à une remise en question de la nature et de l’utilité mêmes du modèle mutualiste au profit d’un modèle plus mercantile. La mutualité en serait devenue une dépense futile de moyens là où les assurances privées seraient désormais dotées de toutes les vertus. Qu’importe l’accès aux soins garanti tel un droit à tous, ce qui l’emporte désormais sur toutes les autres considérations, c’est le coût et le rendement du modèle.

C’est dans ce contexte que, cette année encore, la mutualité s’attellera à défendre l’accès aux soins. Avec plus de force sans doute mais avec la même détermination aussi.

L’information et la sensibilisation de nos affiliés seront elles aussi renforcées parce que ce n’est pas tant le secteur mutualiste qui est menacé que leur droit d’être dignement soigné. Le récent débat sur les suppléments d’honoraires pratiqués sur les chambres individuelles illustre cette réalité à l’envi.

Il n’appartient qu’à nous de construire un modèle de société inclusif qui laisse la possibilité à quiconque, quelles que soient sa nationalité, son origine, sa couleur de peau, sa situation socio-économique, etc., de rêver son avenir et de disposer des moyens pour parvenir à le réaliser.

Pour ce faire, nous devons oser les remises en question profondes, douter de ce qui nous est présenté comme étant fixé dans le marbre. Dans tous les domaines. Et proposer et appliquer des solutions concrètes auxquelles le plus grand nombre adhère, que le plus grand nombre s’approprie.

Le problème ne réside pas dans notre capacité à trouver des solutions, mais à vouloir y croire et à oser les appliquer.

Notre jeunesse mérite pleinement que nous menions, ensemble, un si beau combat.

Michel Jadot, Président de Solidaris, et Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.

 

 Découvrez les résultats du Thermomètre Solidaris "Que vivent les 18-30 ans"