Pro Santé

Que pense la population belge du système de santé ? (07/04/2014)

L’INAMI a réalisé en collaboration avec la VUB une enquête pour connaître l’avis de la population sur l’organisation actuelle des soins de santé et de l’assurance obligatoire soins de santé et indemnités, ainsi que ses souhaits pour l’avenir.

A l’occasion de ses 50 ans, l’Institut National de l’Assurance Maladie-Invalidité (INAMI) a réalisé en collaboration avec la Vrije Universiteit van Brussel (VUB) une enquête pour connaître l’avis de la population sur l’organisation actuelle des soins de santé et de l’assurance obligatoire soins de santé et indemnités, ainsi que ses souhaits pour l’avenir. Cette enquête fait suite à celle menée auprès des stakeholders fin de l’année dernière et qui a fait l’objet d’un document publié par l’INAMI.

Quelque 2.200 habitants de Belgique, âgés de 18 à 75 ans, ont ainsi été interrogés fin 2013. Les questions portaient sur une série de thèmes :

1. La solidarité

Il existe un large consensus sur le principe d’une organisation solidaire de l’assurance maladie. Mais, la majorité de la population estime aussi qu’il y a beaucoup de fraude sociale et insuffisamment de contrôle de la part des mutualités. Ainsi, 58% pensent que les personnes qui sont en congé de maladie seraient en réalité parfaitement en état de travailler et 79% estiment que les mutualités devraient contrôler de manière plus sévère leurs membres afin d’empêcher les abus. 

Une partie non négligeable de la population interrogée (entre 20% et 37% selon les items) estime que les modes de vie/comportements à risque devraient être pris en compte dans le remboursement.

Enfin, une proportion importante estime qu’il faut limiter les remboursements pour les traitements coûteux destinés uniquement à prolonger la vie de quelques mois ainsi que pour les personnes de plus de 85 ans.

2. Maîtrise des coûts

S’il y a une prise de conscience de la nécessité de maîtriser les dépenses, aucun consensus ne se dégage sur la manière de procéder :

  • Près de 7 Belges sur 10 soutiennent la mesure visant à prescrire les traitements et les médicaments les moins chers et équivalents sur le plan thérapeutique. 
  • Leur avis est partagé (50/50) quant aux restrictions à la liberté de choix du médecin par le patient et à la liberté thérapeutique via l’Evidence Based Medecine comme mesures de maîtrise des coûts.
  • A peine 27% des personnes se disent favorables à une spécialisation des hôpitaux qui pourrait impliquer de devoir se déplacer plus loin pour disposer de certains soins.


3. Satisfaction

Mesuré sur 31 aspects des soins de santé, le taux de satisfaction est  globalement élevé. Mais certains aspects spécifiques se caractérisent par un faible taux de satisfaction : information sur le coût du traitement à l’hôpital, délai d’attente pour un rendez-vous chez le spécialiste, l’offre en matière de maisons de repos et les services dans les maisons de repos et la quote-part personnelle.

4. Accessibilité

Un Belge sur 5 a peur de basculer dans la pauvreté à la suite d’une maladie. Parmi les personnes faisant état de plus de problèmes de santé, ils sont près d’un sur 3. Parmi ces mêmes personnes, une sur cinq doit régulièrement reporter ou annuler une visite chez le médecin car elles n’ont pas les moyens de la payer, 29% renoncent aux soins dentaires et 27% à s’acheter de nouvelles lunettes.

Jean-Marc Laasman