Pro Santé

Que pense la population de notre système de santé ? (10/02/2014)

A l’occasion de ses 50 ans, l’INAMI a réalisé en collaboration avec la VUB une enquête pour connaître l’avis de la population sur l’organisation actuelle des soins de santé et de l’assurance obligatoire soins de santé et indemnités, ainsi que ses souhaits pour l’avenir.

Dans le cadre de son cinquantième anniversaire, l’Institut National de l’Assurance Maladie-Invalidité (INAMI) a publié une enquête réalisée en concertation avec la Vrije Universiteit Brussel (VUB) auprès de la population pour connaître son avis sur notre système de santé actuel et ce qu’elle souhaiterait pour l’avenir.

Menée auprès de quelque 2.200 habitants belges âgés de 18 à 75 ans, cette enquête portait sur une série de thèmes : la satisfaction des soins de santé, l’accessibilité aux soins de santé, les avis sur la hausse des dépenses de santé, les économies éventuelles, la fraude sociale…

Il ressort qu’en général, la population est très satisfaite des soins de santé et de la manière dont les dispensateurs de soins informent les patients. Cependant, certains points négatifs sont épinglés :

  • le montant à charge du patient trop élevé pour de nombreuses personnes ;
  • le nombre limité de maisons de repos et les prestations de celles-ci qui ne répondent pas aux attentes ;
  • le manque d’information et de clarté sur le coût d’une hospitalisation ;
  • en ce qui concerne les médecins spécialistes, les longues listes d’attente, le nombre d’examens superflus prescrits ;

Lorsqu’on interroge la population quant au nombre croissant de personnes en incapacité de travail, plus de 60% répondent le taux élevé de stress, les exigences du travail du monde moderne et la vie agitée en général ; plus de 40% invoquent la situation économique et  plus d’un tiers répond la baisse de la motivation au travail. Si près de trois quarts des sondés estiment que les employeurs doivent favoriser la réadaptation professionnelle des invalides, seuls 40% sont favorables à une politique d’activation menée par les mutualités et les pouvoirs publics, 20% y sont opposés.

Selon 60% des sondés, la hausse des dépenses de soins de santé s’explique par  l’augmentation du prix des médicaments et des thérapies, l’amélioration de la qualité mais aussi le coût croissant des soins de santé et le vieillissement de la population. La mauvaise utilisation des moyens (gaspillage dans les hôpitaux, bénéfices trop élevés de l’industrie médicale,…) est également avancée ainsi que le manque d’organisation rationnelle (trop d’examens, prescriptions exagérées, hôpitaux trop nombreux, etc.).

Lorsqu’on demande à la population comment réaliser des économies, seules deux mesures sont largement soutenues : améliorer l’échange de données entre les dispensateurs de soins et prescrire uniquement les médicaments et les traitements les moins chers. D’autres mesures, comme ne plus rembourser les traitements permettant de prolonger la vie des personnes âgées de 85 ans ou plus, ont autant de défenseurs que de détracteurs. Plusieurs sondés soutiennent qu’il faudrait exclure certains groupes des soins remboursés par l’assurance maladie obligatoire.

Leila Maron