Province de Namur

Choix de région

​Les écoles de devoirs : du soutien scolaire mais pas que…

De nombreux enfants fréquentent, après journée, les écoles de devoirs. A Liège, Latitudes Jeunes (Réseau Solidaris) dispose de deux implantations d’écoles de devoirs : une à Xhovémont (quartier Sainte-Walburge) et l’autre dans le quartier du Longdoz. Leurs missions sont bien plus large que le simple soutien scolaire.


« Les missions des écoles de devoir sont définies par un décret qui met en avant le soutien à la réussite scolaire, bien sûr, mais aussi une série d’autres objectifs qu’on soupçonne peut-être moins », explique Chloé Burton, responsable du secteur Jeunesse chez Latitudes Jeunes. « Les écoles de devoirs contribuent à l’épanouissement des enfants, elles favorisent leur développement intellectuel mais aussi leur émancipation sociale, leur créativité, leur citoyenneté. Elles œuvrent pour l’égalité des chances de façon très concrète », ajoute-t-elle.

Ouvertes de 6 à 14 ans

A qui s’adressent-elles ? « Elles sont ouvertes aux enfants de l’école primaire, âgés de 6 à 14 ans. Les enfants sont inscrits par jour. C’est donc un groupe différent chaque jour », ajoute Chloé Burton. Concrètement, l’école des devoirs est accessible lundi, mardi, jeudi et vendredi, de 15h à 19h. Les objectifs de cette structure sont multiples. Il y a bien évidemment le soutien scolaire. Les enfants sont aidés pour faire leurs devoirs et une remédiation est possible (uniquement sur base des difficultés et incompréhensions rencontrées lors de la réalisation des devoirs du jour). Ils sont aussi aidés en périodes d’examens et/ou de bilans pour les révisions. Ajoutons à cela la mise sur pied d’animations éducatives ludiques, culturelles et sportives (après les devoirs) sous la forme de d’animations structurées (conçues et animées par l’équipe d’animation, proposées aux enfants qui s’y investissent librement).

Il y a, par exemple, des animations « jeux de société » sélectionnés par la Ludothèque Latitude Jeunes de Liège pour être en lien direct avec les apprentissages scolaires ou des ateliers « découverte » hebdomadaires par lesquels certaines matières scolaires sont abordées ou ré-abordées de manière ludique (expériences scientifiques abordant certaines notions de physique ou de chimie, révision des unités de mesure à l’occasion d’un atelier cuisine, par exemple). Ajoutons des ateliers d’expression (écriture, peinture, dessin…), de cuisine (création de goûter-santé avec la notion de bien manger pour ma santé dans le respect des différentes origines et cultures) sans oublier les activités libres (mise à disposition d’espaces d’activités spécifiques non animés que l’enfant investit sous simple surveillance et de manière autonome) : coin jeux, coin lecture, coin repos, coin musique, PC…

Volontaires et stagia​ires

Comment ça se passe ? «  Les enfants sont accueillis dès 15h30. Ensuite, on se lave les mains, on goûte et ils font des jeux libres. Ensuite vient le moment de la vaisselle du goûter puis les devoirs. Une fois qu’ils sont terminés, les enfants font des activités au choix. Les parents sont invités à ne pas venir rechercher leur enfant avant 18h. Avant de partir, c’est le rangement du matériel et le petit coup de balai », note encore la responsable du secteur Jeunesse. « Les écoles de devoirs demandent beaucoup de moyens humains si nous souhaitons réaliser un réel travail de qualité avec les enfants et leurs familles. Sans les volontaires mais aussi les nombreux stagiaires, rien ne serait possible », ajoute-t-elle.

Notons que l’inscription des enfants est toujours limitée à deux jours par semaine afin de répondre à plus de demandes mais aussi pour autonomiser les enfants.

Aussi en musique

Pour donner une idée des chiffres, l’an passé, l’école de devoirs du Longdoz a ouvert pour 127 séances, soit 508 heures. Au total, 38 enfants différents ont été accueillis au 1er semestre 2018, 20 garçons et 18 filles, et 44 au 2e semestre, 30 garçons et 14 filles.

En 2018, les enfants ont aussi été accueillis les mercredis, pour une séance récurrente mais axée sur d’autres apprentissages que ceux purement « scolaires ». Il s’agit de la collaboration avec l’asbl REMUA. L’école des devoirs Latitude Jeunes Remouchamps (Longdoz) a participé au projet El Systema Liège, mené en partenariat avec l’Orchestre Philarmonique Royal de Liège et soutenu par la Ville de Liège. Cette initiative a pour but de donner accès à la pratique musicale collective.

Durant les périodes de vacances scolaires, un programme d’activités de détente et de découvertes alternant animations structurées et temps libres est proposé aux enfants qui fréquentent habituellement l’école de devoirs.

Laurence BRIQUET - Sud Presse - 31/08/2019

Pour les ados aussi !

Depuis l’an passé, Latitudes Jeunes dispose aussi de son école de devoirs ados, installée dans les mêmes locaux que celle pour le primaire, dans le quartier du Longdoz. « Nous nous adressons ici aux jeunes de l’école secondaire. Avec une seule séance par semaine, on est moins sur de l’aide aux devoirs quotidiens et plus sur du soutien méthodologique. Mais aussi et surtout, cette activité nous permet de proposer un lieu d’accueil ouvert en partie informellement (les jeunes arrivent en sortant de l’école et partagent notre temps de midi) avant les devoirs et un temps de projets après », note encore Chloé Burton.

Deux animatrices ont donc lancé ce projet en septembre 2018, avec l’aide de deux volontaires et de stagiaires assistants sociaux, animateurs, éducateurs… L’école des devoirs ados ouvre ses portes les mercredis de 12h à 17h. La séance démarre avec l’accueil, le temps de midi partagé, les jeux de société à règles et stratégies simples et ludiques… Ensuite, les plus jeunes du projet musical El Sistema (atelier du mercredi après-midi avec des enfants du primaire) partagent ce moment avec les ados, des liens se créent.

Ligne du temps

Ensuite, autour des devoirs, installés un ou deux par tables, les accompagnants tournent et proposent leur soutien, explications, bref, les devoirs pour la semaine. Deux ordinateurs sont mis à dispositions pour des exposés à créer, des recherches à faire…

Puis, viennent les moments destinés aux activités, aux projets, aux débats. « Nous sommes partis d’une ligne du temps de septembre à juin : on y  inscrit nos dates d’anniversaire, les vacances et les fermetures éventuelles du service ; on y colle (post-it) les envies d’activités, de sorties : piscine, jeux, patinoire, cuisine, parler d’écologie, visiter une prison, un repas dans le noir, se balader, musique, percussions, de l’art, visite d’expo… ».

L.B.