Pro Santé

Le suicide, première cause de décès des Wallons entre 25 et 44 ans

Un pass dans l’impasse, un centre de prévention du suicide et d’accompagnement unique en Wallonie, fête, cette année, ses 10 ans d’existence. L’occasion de se pencher sur son travail et ses résultats...


 

Depuis 2008, l’asbl Un pass dans l’impasse offre à la population wallonne un service spécifique de prévention et de prise en charge de la problématique du suicide. Association partenaire de Solidaris, ces services sont disponibles à Liège, Tournai, Mons, La Louvière, Charleroi, Namur, Wavre et Marche-en-Famenne et elle est accessible à tous.

«Ce centre a plusieurs missions», explique Thomas Thirion, responsable administratif et opérationnel chez Un pass dans l’impasse. «Il assure une prise en charge rapide de la problématique du suicide pour tous les âges, il propose un soutien psychologique aux proches, y compris l’accompagnement du deuil après le suicide mais aussi des formations et des sensibilisations aux acteurs de première ligne, notamment aux membres des équipes pédagogiques élargies. Enfin, il se positionne comme un relais spécialisé et comme un appui aux acteurs du secteur des soins en santé mentale», ajoute-t-il.


Cette année, Un pass dans l’impasse fête ses 10 ans. «Depuis la création, nous avons reçu près de 40.000 appels téléphoniques, reçu 2.646 patients et réalisé 21.621 consultations», ajoute Thomas Thirion, précisant que près de 2.000 professionnels ont été formés et 2.026 ont été sensibilisés à la problématique.


Plus de risques avec l’âge


Il faut dire que le suicide connaît des taux encore élevés en Wallonie: en moyenne, chaque année, on y dénombre 772 décès par suicide.

«En 2014, le suicide représentait la septième cause de mortalité des Wallons. Pour les Wallons entre 25 et 44 ans, le suicide est la première cause de décès et la deuxième chez les jeunes de 15 à 24 ans après les accidents de la circulation. La tranche d’âge parmi laquelle on compte le plus de décès par suicide se situe entre 45 et 54 ans», signale encore le responsable administratif et opérationnel.

Il est à noter que les femmes sont plus en risque de commettre une tentative de suicide, alors que le nombre de décès est plus important chez les hommes. Par ailleurs, le risque de décès par suicide augmente avec l’âge alors que le risque de tentatives diminue.


Plus de 8.800 tentatives de suicide par an


La dernière enquête de santé révèle que «les résultats sont pondérés pour permettre la généralisation des résultats obtenus à l’ensemble des habitants de la Belgique». Dès lors, on peut se permettre d’extrapoler les données: en Wallonie, 5,5% des répondants ont déclaré avoir fait une tentative de suicide au cours de leur vie et 0,3% au cours de l’année passée. De plus, 5,1% des répondants ont signalé avoir eu des idées suicidaires au cours de l’année 2012. On pourrait donc estimer qu’il y a environ chaque année 8.824 personnes qui tentent de se suicider en Région wallonne (0,3% de la population wallonne en 2013) et 150.017 personnes qui ont des pensées suicidaires.


Laurence Briquet - Sud Presse - 31/03/2018


 


Qui contacter en cas de pensées suicidaires ?


A un moment de sa vie, tout homme ou toute femme peut être amené(e) à envisager le suicide comme étant la seule issue à une souffrance devenue insupportable. Il est important de chercher et d’accepter un soutien auprès de son réseau (personnel ou professionnel).


Si vous-même ou un de vos proches êtes confronté au suicide ou au deuil après suicide, vous pouvez trouver du soutien auprès de:

  • L’asbl «Un pass dans l’impasse» – Centre de prévention du suicide et d’accompagnement – réseau Solidaris, disponible du lundi au vendredi de 8h30 à 17h au 081/777.150.
  • la ligne d’écoute accessible gratuitement, jour et nuit, tous les jours de l’année de Télé-Accueil via le numéro 107.

 

 

«Bonjour la Vie», le 4 mai, à Namur


Dans le cadre de son anniversaire, Un pass dans l’impasse s’associe à la Maison des Jeunes «Jeunesse & Culture» pour organiser une journée consacrée au bien-être chez les jeunes, le 4 mai prochain, à Namur.

En effet, dans le cadre de ses activités, l’asbl est de plus en plus confrontée à la situation de jeunes victimes de harcèlement, décrochage scolaire, addictions diverses, suicide… Des constats alarmistes sur la jeunesse et son mal-être sont souvent véhiculés. Mais, qu’en pensent les principaux intéressés: les jeunes ? Leur demande-t-on suffisamment leur avis ?

C’est pourquoi, Un pass dans l’impasse a voulu organiser une journée de sensibilisation à l’attention des écoles et particulièrement des élèves de 3ème, 4ème et 5ème secondaire. L’objectif de cet événement sera de donner la parole aux jeunes afin qu’ils puissent exprimer leur ressenti face à ce qui est transmis par les médias à leur sujet.


Echanges avec le public


La journée se déroulera en deux parties et rassemblera environ 250 jeunes: la matinée sera consacrée à une conférence/débat tandis que l’après-midi sera dédiée à des ateliers thématiques. Enfin, une garden party viendra clôturer la journée dans une ambiance conviviale et positive.

A l’occasion de cette journée, le Docteur Christophe Debien, praticien hospitalier au CHRU de Lille et responsable du dispositif de prévention du suicide «VigilanS» (France), animera la conférence/débat et témoignera de son expérience spécifique. Les échanges qu’il stimulera avec le public permettront de déconstruire en direct les préjugés et les idées reçues que les jeunes peuvent avoir et véhiculer. Les ateliers qui seront développés l’après-midi permettront d’aborder avec les jeunes des thématiques aussi variées que les stéréotypes liés aux maladies mentales, la prévention du suicide chez les jeunes, l’hypersexualisation ou encore la construction de l’image de soi et celle des autres ainsi que les conduites et les comportements à risques. L’asbl Un pass dans l’impasse organise, elle, une après-midi portes-ouvertes.

Cette action permettra, tant aux professionnels qu’aux particuliers, de connaître les services proposés par l’asbl, de rencontrer un membre de l’équipe. La personne aura la possibilité d’échanger avec le professionnel de l’asbl, pourra lui poser des questions et se familiariser avec le lieu de consultation.