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Pro Santé

Le Belge francophone bientôt plus heureux que le Français ?

​Depuis 2016, la mutualité Solidaris réalise son Baromètre confiance et bien-être en France et en Belgique

 
 
En partenariat avec la Mutualité Générale de l’Éducation Nationale (MGEN), Solidaris a sondé les Belges francophones et les Français et, cette année, la tendance entre nos compatriotes et nos voisins s’est inversée sur certains points. Le Belge est-il en passe de devenir plus heureux que le Français ? Explications…

Depuis 2016, la mutualité Solidaris réalise son traditionnel baromètre confiance en bien-être. En partenariat avec la Mutualité Générale de l’Éducation Nationale (MGEN), l’enquête est également menée en France. En Wallonie et à Bruxelles, 1.120 personnes ont été interrogées et en France, elles étaient un peu plus de 1.000. Les deux populations ont été questionnées en septembre de l’année passée. Toutes ces personnes ont été invitées à s’exprimer sur leur santé physique et psychique mais aussi sur leurs conditions objectives de vie (logement, sécurité d’emploi, capacité à réaliser des projets…) ou encore sur la qualité du relationnel.

Le premier élément qui ressort, c’est que l’écart entre les Belges et les Français se réduit par rapport à 2019. Et alors que, lors des années précédentes, la France se situait systématiquement au-dessus de la Belgique francophone, la situation s’est inversée pour une série d’indicateurs. Ainsi, en 2016, le sous-indice français sur la qualité objective de vie était de 59,4 alors que la Wallonie et Bruxelles se situaient à 57,5. « En 2020, l’indice français est descendu à 54,2 tandis que l’indice wallon et bruxellois a, lui, atteint, 54,7, ce qui nous place devant la France. Une des explications serait que le premier confinement aurait été une parenthèse bienvenue pour une partie de la population belge. Des personnes en burn-out ou d’autres en incapacité se sont senties moins stigmatisées et le rapport au travail a parfois été modifié (moins de stress), ceci en écartant les professions directement exposées durant la crise comme les professionnels de la santé », explique Delphine Ancel, responsable des études à la direction marketing de l’Union Nationale des Mutualités Socialistes, qui a piloté cette étude. En France, on notera que la baisse des conditions de vie est liée, en partie, à une détérioration de l’accès aux soins de santé pour des raisons financières, à une hausse de certaines addictions mais aussi à la crainte de connaître une longue période de chômage.

  • Moins bons élèves

Un autre élément qui interpelle, dans l’autre sens cette fois, c’est l’indice de santé de nos compatriotes qui n’atteint que 56,4 contre 63,5 pour nos voisins français. Comment expliquer cet écart ? « Les Wallons et les Bruxellois semblent de moins bons élèves que les Français en ce qui concerne le sport, l’alimentation et l’hygiène de vie en général, en lien aussi avec une réalité économique différente », ajoute Delphine Ancel. Par ailleurs, « les effets de la politique belge en matière de santé se sont également fait sentir ces dernières années. Les moins favorisés et les classes populaires (c’est une nouveauté) ont été les plus touchés par le report des soins de santé, en 2020 », ajoute-t-elle. Enfin, la santé psychique est toujours bien en retrait en Belgique. 29,3% des Belges peuvent être considérés comme dépressifs contre 20,3% des Français. Et 46% des Belges francophones se disent stressés, contre 40,7% dans l’Hexagone.

Sur le plan des qualités relationnelles, dans les 2 pays, on constate un repli sur soi dans la sphère privée et locale de même qu’une défiance vis-à-vis des autorités : à peine 9,7% des Wallons et des Bruxellois estiment que le gouvernement agit pour le bien commun, contre 21,1% en France.

  • Le bien-être des femmes diminue plus que celui des hommes

Si les résultats sont en chute en ce qui concerne la jeunesse française, la jeunesse ? belge francophone, même si elle est en crise, semble moins fragilisée. Les femmes, par contre, voient leur bien-être particulièrement diminuer dans les deux pays. 

Ce qui nous sauve ? Le relationnel. « La sphère privée belge est très solide », note Delphine Ancel. « On constate cependant, dans les deux pays, que les inégalités sociales sont de plus en plus présentes, ce qui représente un danger pour la cohésion sociale ».

En ce qui concerne l’environnement, 71% des Belges pensent que les efforts sont suffisants contre à peine 58% de Français.

Quant à l’Europe, la défiance à l’égard de ses apports domine. À peine 25,5% des citoyens belges estiment que l’Union européenne peut améliorer les droits sociaux de citoyens, contre 37,4% des Français. 70,6% des Belges pensent que l’Europe est d’abord au service de la finance, contre 53,3% des Français. Il y a donc du travail à faire à ce niveau-là si on veut inverser la tendance…


Laurence Briquet - SudPresse - 06/02/2021